jeudi 15 février 2018

La commande de billets SNCF sur internet...



Avignon sous le ciel bleu

Vous avez sans doute fait des grands voyages, des petits aussi, vous avez toujours pris vos billets sur Internet ? Personne ne va plus chercher ses billets dans les agences de voyages (c'était rudement chouette, on faisait rien, on disait où on voulait aller et on n'avait plus qu'a signer le chèque à la sortie, au revoir madame, au revoir messieurs), ou directement dans les gares de la SNCF ! Mais Danielle, c'est dépassé tout ça, ne rêve pas ! Je sais, je sais, maintenant je suis moderne des pieds à la tête, je vais sur le site de la SNCF.

Moi aussi je prends mes billets sur Internet, mais à chaque fois, ça m’électrise, ma pression monte, je retarde l’achat le plus possible, mais pas trop quand même, quand il faut y aller...

J’ai même pris des billets d’avion, acheté des livres, de la laine, du tissu, du parfum et autres babioles de la vie courantes que j’avais du mal à trouver en vrai dans une boutique parisienne, vous imaginez un peu, si j’habitais la campagne ?

Mais les billets sur le site de la SNCF, je ne sais pas pourquoi, ça me bloque, je transpire, je balbutie, j’aimerais bien trouver une aide de vie...

Pas plus tard qu'aujourd’hui, je voulais acheter des billets pour aller en Avignon, ma décision était prise, je vais aller me reposer, me changer les idées, voir le monde de plus loin, chez des parents chéris qui m’accueillent toujours les bras ouverts : huit jours, ce n’est pas assez, viens plus longtemps...

Mon frère m’avait dit : prends les billets les moins chers, et viens quand tu veux, il n’y a pas de problème... Mon frère dit toujours qu’il n’y a pas de problème, c’est sa phrase : il n’y a pas de problème.

Bon, je m’installe devant l’ordinateur et je commence mes gammes aller/retour, tout va bien, je pianote, je cherche, un jour puis l’autre, comme au marché quand vous choisissez un poulet bien dodu.

Alors, voyons, parfait, je choisis même ma place, impeccable, poursuivons, poursuivons, j’arrive presque au bout, je vais gagner le gros lot : deux belles places pour aller chez mes parents chéris, attention, attention, je vais cliquer le final, message d’erreur : mon âge ne marche pas ! Je n’avais pas dit dès le début de la commande que j’avais plus de 60 ans, et voilà qu’il fallait que je recommence tout au risque de ne plus retrouver les deux belles places que j’avais mises dans mon panier... Je pestais bien sûr, tant pis pour moi, il fallait faire attention dès le début.

Je laisse passer une grosse demi-heure pour que la partie redevienne comme avant, avec les mêmes offres...


Avignon à la belle saison

Alors, voyons, parfait, je dis que j’ai plus de 60 ans dès le début, tout va bien, je retrouve mes chères places aux mêmes prix, toutes pareilles aux premières, ouf ! Je vais cliquer le final, ça roule, carte bleue nickel, je cherche la carte que ne n’avais pas mise par prudence à côté de moi et là, branle-bas de combat, je ne trouve pas ma carte, je crie, je vocifère, j’injurie, rien à faire, je ne la trouve pas, mais pourtant je l’avais là à l’instant, je cours partout, je fais le tour de la maison, et la SNCF me dit tranquillement : Danielle, vous avez encore 10mn pour payer !

Alors-là, je vitupère, c’est de la magie noire, je suis envoûtée, c’est de la faute au Gouvernement, je vais devoir tout recommencer au risque de ne pas retrouver mes places biens placées, il reste encore deux minutes avant d’arriver au poteau, JE LA TROUVE, coincée sous mon clavier, je saute dessus, je tape les chiffres à toute allure, le code final : GAGNÉ ! J'ai bien dépensé mon argent...

Tout est bien qui finit bien, la SNCF me dit calmement, à voix très basse :  maintenant Danielle, vous pouvez imprimer vos billets, c'est ce que j'ai fait, ils sont magnifiques, je n’ai pas encore osé flasher la bonne nouvelle sur mon téléphone, dématérialiser complètement l'affaire, la prochaine fois, peut-être... Je suis trop contente d’avoir mes titres de transport tout neufs, sous les yeux, et en plus,  je ne suis pas obligée de les composter en gare... ROYAL !

Je pars bientôt, maintenant faisons la valise…

À bientôt les amis...

mardi 13 février 2018

Ave César ! Au centre Pompidou !


Le pouce de César (1921-1998) - bronze doré 6 mètres de haut, réalisé en Normandie à la fonderie Bocquel pour le Parvis du centre Pompidou en novembre 2017

Comme je vous le disais dans mon post précédent : il faut avoir beaucoup de patience quand on est artiste peintre/plasticien pour prétendre à la reconnaissance... Sans compter tous ceux, qui ont beaucoup de talent aussi,  dont on ne parlera jamais ! Vint ans après sa mort à l'âge de 77 ans (1998), le centre Pompidou propose au public une rétrospective de César : les dernières années de sa vie ont été très fastes, beaucoup de rétrospectives dont une au musée du Jeu de Paume en 1997, en Italie, au Mexique, au Brésil et création du fameux César du cinéma en 1976. Les musées du monde entier achètent ses œuvres. "De son vivant, malgré sa célébrité, il reste néanmoins snobé par le milieu de l'art": remarque de Wikipédia qui s'accorde bien avec ma remarque de présentation simpliste du centre Pompidou aujourd'hui, qui m'a franchement choquée. La plaquette de présentation offerte dès l'entrée précise que cette exposition (20 ans après sa mort) permet de redécouvrir un sculpteur majeur à travers un demi-siècle de création, il était temps !

Habituellement, la présentation d'un artiste dans ce grand musée parisien prend 1/4 d'heure de lecture (plusieurs fois pour comprendre l'introduction), et là : 2 minutes suffisent ! Pour César, pas de grand discours, dès l'entrée de l'exposition, une simple nomenclature pratique de son travail :


Un résumé simple et concret

Je n'avais jamais vu aussi simple comme présentation d'un artiste, une énumération des matières et des procédés, imaginez la même description pour le travail de Rodin : plâtres, bronze, cire perdue, cire tout court, terre, fonte... Comme s'il ne s'agissait pas de sculptures ! 

Il y avait beaucoup de monde qui circulait dans tous les sens, mais je suis arrivée quand même à prendre quelques photos des œuvres qui me plaisaient, et il y en avaient beaucoup.

À cause du coût du matériel, César n'a pas pu travailler la pierre, il est donc allé chez les ferrailleurs acheter du matériel à la casse, et des matériaux de récupération à bas prix. Malgré des cours à l'école supérieure de Marseille et à l'école nationale des Beaux-Arts de Paris, des prix en gravure, dessin et architecture, César déclare :  « Je suis fondamentalement un autodidacte absolu ».

Je peux vous dire que son exposition est réjouissante : ses soudures, moulages, compressions, expansions... Sont superbes  et  font plaisir à voir. Le bestiaire : 






 César (1921-1998) - Acier et fer soudé, bronze : chauve-souris, coq, poule, scorpion


César (1921-1998) - Compression Pernod, 1962 (Ma préférée)




César (1921-1998) Toutes mes compressions préférées

Le rouge, l'argent, l'or, les couleurs scintillent sur toutes ses pièces, la force impressionnante des œuvres ne se mesure pas en kilos, elle s'impose comme des statues sur les places des villes... 

J'ai beaucoup aimé aussi les compressions murales qui me rappellent les œuvres supports/surfaces des années 70 créées avec des matériaux pauvres :



Compression murale cagettes


César (1921-1998) - Affiches, 1976  (Compression murale, papier, colle)

Et puis les grandes silhouettes de la Victoire de Villetaneuse, en référence à la statuaire antique (la Victoire de Samothrace), adaptée avec humour par César à la localité de l'usine où il a installé son atelier.



César (1921-1998) - Victoire de Villetaneuse, 1965 (fer soudé)

Faisant dire à César : " Ma Victoire de Villetaneuse, il lui manque la tête, mais il ne lui manque rien".

C'est un vrai bonheur de se balader parmi les œuvres de César, je n'ai pas pu résister aux enveloppages en plexiglas, moi qui adore les transparences, César a du penser à moi en les inventant !



  
César (1921-1998) - Les enveloppages, 1971 (plexiglas)

Ces enveloppages me font penser à la beauté des bouquets de fleurs que le fleuriste finalise en les enfermant dans du papier transparent, comme la touche finale de brillant et de pureté du vernis sur un tableau à l'huile...


Que se passera-t-il après ? Je ne sais pas, mais ne restez pas trop loin de mes lignes...

samedi 10 février 2018

SAM SZAFRAN ! Ce grand peintre... Et la promenade dans Paris...


 Sam Szafran - Aquarelle (sur soie) et pastel (expo Claude Bernard, 2018)

Cet artiste, je l'aime depuis si longtemps, j'ai su que la galerie Claude Bernard l'exposait, j'ai couru...

Sam Szafran, de son vrai nom Samuel Berger, est né à Paris en 1934, il vit et travaille à Malakoff. Je l'ai connu et admiré du temps (1990) où il peignait de grands escaliers et des serres remplies de philodendrons.


 Sam Szafran - Escalier de la rue de Seine - 1980


Sam Szafran - Escalier de la rue de Seine - 1991


Sam Szafran - Escalier de la rue de Seine - 2000


Sam szafran - Arborescence

Je me souviens de ses escaliers tournants, ils m'ont immédiatement fascinée, je ne trouvais rien de plus beau à l'époque, et je n'ai pas changé d'avis depuis.

Pourrait-on qualifier ce peintre d'obsessionnel ? Pas du tout, la plupart des artistes peintres/plasticiens, restent fidèles longtemps aux mêmes sujets, par goût, pour l'expérimentation, par nécessité, pour répondre aux commandes, à la mode ? Peu importe. Ce qui compte pour un créateur, c'est de pouvoir/vouloir renouveler sans cesse son interprétation des sujets choisis/contraints. Souvenez-vous de Cézanne et la montagne Sainte-Geneviève, Hokusai avec les vagues qu'il a peint inlassablement jusqu'à la fin de sa vie, Turner avec ses brouillards à répétition, les Impressionnistes avec leurs ombres et lumières,  il fallait sans cesse aller sur le motif pour saisir le frémissement de la nature, et Bellini, Le Titien, Conegliano, Negroponte... Tous ces peintres fabuleux de Venise... Je ne peux tous les citer... Ils ont peint des saints, des Vierges et des anges toute leur vie...

Les écrivains, par exemple, tournent eux aussi, souvent, autour d'un même sujet, surtout s'il est autobiographique, jusqu'à épuiser/épurer/transformer/inventer les sensations, les sentiments, les souvenirs... Ils trouvent toujours des façons différentes pour exprimer les mêmes choses, c'est le style,  talentueux, personnel, nouveau, qui impose alors l'oeuvre aux lecteurs. Aux façons d'écrire des écrivains, font écho leurs interprétations, les manières de montrer des peintres. Ceux de la Renaissance (je pense à ceux de Venise où la concurrence était rude), croulaient sous les commandes du clergé, les représentations étaient majoritairement religieuses, imposées, codifiées, elles devaient leur popularité à la magnificence de leurs paysages célestes, de leurs atmosphères, aux gammes chromatiques osées, aux formes nouvelles, aux perspectives audacieuses, leurs virtuosités incroyables attiraient ainsi les convoitises des mécènes, des rois, des riches, par la puissance de leur style unique. Aujourd'hui encore, 600 ans après, quand nous les découvrons dans les musées, les églises, nous ne nous lassons pas de leur beauté, nous sommes émus !

Peu importe que nous soyons croyants ou pas, nous sommes d'abord éblouis par la splendeur, la délicatesse, la fraîcheur (surtout après restauration). Le croyant sera ravi de mettre une bougie aux pieds d'une sublime Vierge de G. Bellini, afin de réaliser ses vœux, le non croyant sera enchanté pareillement, nous aimons d'abord les œuvres pour elles-mêmes, ensuite nous nous laissons convaincre/ou pas, de leur efficacité auprès du ciel. De la même façon, quand je mets un cierge pour un ami, un parent qui me l'a demandé, sachant que nous n'y croyons ni l'un ni l'autre, je cherche le plus beau tableau, la plus belle sculpture pour y déposer ma flamme, voulant absolument joindre l'utile à l'agréable à regarder (comme dirait Marcel Proust "un peu d'art en plus"). Et c'est ce que fait Sam Szafran à merveille... À chaque fois une nouvelle vision, à chaque fois un nouveau point de vue... Les philodendrons font partie depuis longtemps de son univers, dans son atelier, et il y en avait toujours un dans un coin du tableau. Dans le nouvel accrochage chez Claude Bernard, la végétation a tout envahi... Il faut chercher le personnage qui se détache parmi le feuillage... Il a mis en scène une espèce de conte des Mille et une nuits, un mystère total, un grand jeu de philodendrons, la transparence de l’aquarelle donne de la légèreté à ses paysages intérieurs... Une merveille !

J'espère qu'avec tout ça, je ne m’embrouille ni les pinceaux ni les mots pour tenter de vous expliquer ma pensée ?

Quand je suis arrivée à la galerie, avec les escaliers en tête, j'ai été très surprise, et ma surprise m'a fait pousser un : "Ah !" admiratif, un peu haut, ce qui fait qu'une personne qui regardait comme moi les nouvelles "merveilles" m'a dit : vous aussi, vous trouvez ça beau ? Elle ne connaissait pas le peintre, ne se doutait même pas qu'il avait 82 ans, elle m'a demandé : mais quel âge a-t-il donc ?

Un monsieur, s'étonnant du nouveau motif végétal, dit à haute voix : mais, il ne fait plus d’escaliers ? Nous nous sommes regardés en vieux grognards admirateurs d'art, perdus dans les souvenirs des rambardes en fer forgé... De "notre" peintre.


Sam Szafran - Aquarelle sur soie (galerie Claude Bernard), 2018

Le petit blanchissement du milieu du tableau est dû à l'éclairage de la galerie, et à mon incapacité à manipuler correctement mon appareil photo pour éliminer la lumière gênante, mais quel bonheur, quel art, quelle beauté ! Ce foisonnement de philodendrons joue à cache-cache avec des personnages, des pots, une chaise, disséminés dans le feuillage... Ils attendent... Et nous nous régalons de cette nouvelle série...


Sam Szafran - détail


Sam Szafran - galerie Claude Bernard - 2018


Sam Szafran (détail)


Sam Szafran - galerie Claude Bernard - 2018


Il y avait de l'ambiance dans cette galerie, trois petits chiens sautaient partout, les gens avaient le sourire aux lèvres, on se parlait, s’exclamait, les catalogues se vendaient comme des petits pains, au bas de quelques tableaux, des petites punaises rouges signalaient leur vente... Bien sûr, je rêvais d'en posséder un !


Sam Szafran - en cours - 2018

La galerie Claude Bernard a exposé pour la première fois Sam Szafran en 1964 (il y a 54 ans), ils avaient vu juste. Il y a eu une grande rétrospective de son oeuvre à la Fondation Gianadda en Suisse en 2001, en 2015 une salle d'exposition lui est dédiée.... Pour la reconnaissance, il faut avoir beaucoup de patience quand on est artiste peintre... Sans compter tous ceux dont on ne parlera jamais !

En sortant, j'ai vu mille choses...


Un truc en plume, sûrement un bouclier qui protège des papillons !!! Tellement beau

Dans une boutique d'objets africains, j'avais envie de tout acheter...


Une petite boutique mignonne comme tout, auprès d'une porte bleue totalement de travers


Une belle cour végétalisée et tamisée, entre chien et loup


Un grand coffre de voyage ou pour la salle de séjour, trop beau ! Me rappelle les voyages d'Émile Guimet ! (voir avant-dernier post)


Dans le passage Dauphine, désert et silencieux


La traversée du pont Neuf et la Seine qui monte, qui monte, et qui ne redescend pas encore...





L'intérieur de l'église Saint-Germain-des-Prés, j'ai aimé cette vierge mutilée, mais encore resplendissante et dorée !

Pour arriver à la galerie de peinture Claude Bernard, j'étais descendue à la station de métro Saint-Germain-des-Prés, les couleurs intérieures de l'église étaient éclatantes, sans doute dues à une restauration du 19e, l'église est très belle, le chœur et le déambulatoire sont du XIIe, superbes ! Il y a énormément de choses à voir... Il faudra forcément que j'y revienne...


Je ne sais pas encore où je vais vous entraîner la prochaine fois, mais restez avec moi !

mardi 6 février 2018

WOMAN HOUSE ! Au musée Conti-Monnaie à Paris


La théière (fer forgé) - 2010 - Joana Vasconcelos, magnifique ! 



À la fin de l'expo, la théière était sous la pluie et la nuit


Fondée en 864, la Monnaie de Paris est la plus ancienne des institutions françaises. Elle assure la mission de service public de frappe des euros courants pour la France, et d’autres devises étrangères. Elle cultive depuis douze siècles une haute tradition dans les métiers d’arts liés au métal, et est à ce titre membre du Comité Colbert qui regroupe les entreprises françaises du luxe. 

Cette institution a rassemblé sur 1000m2 (dédiés à l'art contemporain), et dans une partie des cours de la Monnaie de Paris, 40 artistes femmes du XXe et XXIe siècle (1970 à nos jours), qui expriment ce qu'est le sentiment de la femme dans l'espace domestique. Un sujet complexe : le genre féminin et l’espace domestique dont la femme est présente/absente pendant de si longues années. L'architecture et l'espace public ont été masculins, tandis que l'espace domestique a été longtemps la prison, ou le refuge, des femmes. Je me réjouissais de cette exposition qui regroupait beaucoup de drôles de dames que je connaissais depuis des lustres :

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Nana-Maison - Niki de Saint Phalle 

Comme je n'ai pas pu faire le tour de la sculpture car il pleuvait à seaux, je n'ai pas vu qu'il y avait une entrée de l'autre côté de la Nana-maison ! La maison, espace assigné à la femme ? Avec couleurs, humour amer ? Colère ? Niki disait : "notre maison (familiale) était étouffante".

Rassurez-vous, je n'ai pas l'intention de faire mon petit numéro professoral sur l'histoire économique et politique de la femme à travers les âges, j'en serais bien incapable, je vais vous raconter simplement le plaisir immense j'ai eu à regarder le travail de création, unique, de toutes ces artistes, uniques !


Avec humour, dans les années 1970, l'une d'entre elles, Bergit Jurgenssen (plasticienne autrichienne), décrivait le drame de la ménagère prisonnière de sa maison qui arrive à se fondre dans les objets qu'elle utilisait quotidiennement, de très beaux dessins aux crayons de couleurs, aquarelles qui donnent bien sûr à réfléchir :



Nettoyage des vitres (1975) - Birgit Jurgenssen (1949-2003)


Birgit Jurgenssen (1949-2003)


Que peut-on apercevoir sur ce dessin ? Un personnage féminin qui repasse et aplatit un homme (son mari), le tient-t-elle ainsi à sa merci pour mieux le dominer ? Le met-elle à "plat" pour dégonfler la trop grande place qu'il prend dans la maison ? La poupée de chiffon (l'homme chiffon), les bras ballants, devient-elle inoffensive, domptée, calme et silencieuse ? À vous de voir...


Le travail des ménagères - Burgit Jurgenssen (1949-2003)

À quoi rêvent ces femmes sexy à genoux, qui tordent (le cou) dans tous les sens de ces "hommes-serpillières", rêvent-elles de vengeance ? Le personnage du centre a des yeux menaçants, mais pleins de malice, peut-être même avec un air entendu, une pointe d'humour ?... À vous de voir... Les dessins sont superbes ! Souvent, ils m'ont fait sourire... Et vous ?


Pia Camil



Tee-shirt de Gabi (2016)  - Pia Camil (1980) vit et travaille à Mexico

Un grand rideau composé de tee-shirts d'occasion nous fait une haie d'honneur, tee-shirts d'homme, vu leur grandeur, sans doute des maillots de jeux collectifs, de foot, mais cette l'artiste ne revendique pas, que je sache, son intention de retourner/transformer/unifier la situation hommes-femmes, elle a réalisé ce rideau avec des vêtements de seconde main qu'elle recycle en mobilier... L'effet est rutilant, velouté, coloré et offre des détails amusants, une atmosphère chaude et douce vous enveloppe... J'ai beaucoup aimé... À vous de voir...



Dans la série "Le corps beau, ou la beauté ne connaît pas la douleur" (1960-1972) - Martha Rosler (1943)

Martha Rosler est une artiste plasticienne américaine qui vit et travaille à Brooklyn et New York. Associée aux mouvements d'art féministe et d'art conceptuel, elle crée des tableaux, des vidéos, des photomontages, des installations, des performances, et écrit sur l'art et la culture... Avec Martha Rosler, on ne peut pas essayer de voir autre chose que ce qu'elle y met : l'image de la femme reste très sexy, la femme sexy et la vie domestique ne forment qu'une image, le cadre est serré, impossible d'échapper aux idées féministes : l'image de la femme ne se réduit à ses instruments ménagers... Bravo !



Portait dans une armoire (photo et peinture acrylique) - Kirsten Justesen (1943)

Cette artiste vit et travaille à Copenhague et à New york, elle a fait partie du mouvement artistique féministe, elle a fait aussi partie des artistes d'avant-garde des années 1960. Dans les années 1970, elle a fait des contre-images critiques et humoristiques sur les représentations romantiques de la femme au foyer. Ici, des photographies étranges et lumineuses, pas besoin d'être critique d'art pour voir où elle veut en venir...


Ce jour-là, la Seine était très haute, et par les fenêtres du musée je pouvais voir l'eau grise et montante de partout, aucun bateau ne pouvait passer sous le pont !



La pointe du square du Vert Galant n'est presque plus visible à fleur d'eau...



Louise Bourgeois (1911-2010) Femme maison - marbre blanc, 1994 


Louise Bourgeois (1911-2010) -2 001


Louise Bourgeois savait si bien parler der ses œuvres, avec humour, profondeur et force, elle connaissait ses sujets par cœur, car ils étaient en elle. Le puits sans fond de son enfance a nourri sans cesse son oeuvre. Ses émotions, ses craintes, ses souvenirs, ses terreurs, ses amours et ses obsessions ont fait naître des formes toujours renouvelées, avec les matériaux les plus divers, ses créations restent toujours surprenantes, émouvantes, elles se lisent à cœur ouvert, il suffit de l'écouter pour aller plus loin dans leur compréhension : "les maisons où j'ai habité, je les ai toujours gardées en moi"...

Je n'ai pas eu la chance d'habiter des maisons comme Louise B. mais je la comprends, je me souviens moi aussi des appartements que j'ai traversés dans mon enfance et mon adolescence, je me souviens de chaque recoin, surtout de mon recoin à moi, dans l'appartement de ma mère, je me souviens de chaque détail avec une grande précision, dans l'appartement de mes grands-parents de Paris. Je me souviens aussi du bruit de la rue dans mes appartements successifs, je me souviens qu'ils n'étaient ni clairs, ni grands, le soleil n'y entrait jamais, je n'avais jamais le désir d'y mettre des brassées de fleurs, fanées d'avance par la pénombre... Ils sont en moi, j'en parle quelques fois, ils ne sont pas perdus, chaque souvenir est à sa place, entre l'ombre et la lumière... Maintenant, et depuis de très nombreuses années, j'ai des fleurs sur mon balcon, du soleil à mes fenêtres, chaque jours je les regarde de tous mes yeux...


Maison ambulante - Laurie Simmons (1949) photographie - 1989

Laurie Simmons est une artiste et photographe américaine, j'adore cette photo-montage. Je lui trouve de la fantaisie et de la légèreté... Je ne sais pas si l’auteure serait d'accord !



L'araignée - Louise Bourgeois

Selon Louise Bourgeois : l'araignée représente sa mère, sa mère était sa meilleure amie. Louise Bourgeois ne nous déçoit jamais, il faut se laisser surprendre, effet d'admiration garanti : ses installations, ses sculptures, ses dessins, tout son art prolixe questionne sans cesse notre imaginaire... Et le sien ! Cette immense araignée de bronze ne fait pas peur, je vois sans cesse les touristes se faire photographier en plein milieu, entre les pattes protectrices de l'animal/maternel... Elle fait sourire, avec confiance ! Même les enfants n'en ont pas peur...

Je ne sais pas du tout où nous serons sur mon prochain post, mais restez avec moi... À très vite mes amis...